" Histoire du Loup qui habite

dans ma chambre "

D'après Hervé Walbecq

« Il neige dans ma chambre.

Autour de moi tout est blanc. On ne voit plus mes jouets, on ne voit plus ma couette. Mon lit est une montagne de neige.

Le vent est entré par la fenêtre un matin de printemps, il a pris place dans ma couette et n’a plus voulu repartir.

Au loin un loup m’appelle. Ce n’est pas un loup méchant, c’est un loup triste. Il n’en peut plus d’être seul. Il me demande de venir vivre avec moi.

Sans plus attendre, je prends mon sac à dos, un bonnet dans l’armoire, et je traverse une grande forêt de sapins.

Ma vie est décidément pleine de surprise. »

« ”Il y a un loup dans ma chambre !” Quel parent n’a pas entendu cette phrase ?

Dans la chambre d’enfant d’Hervé WALBECQ, il n’y a pas qu’un loup !

La petite fille qui y demeure, par la seule fantaisie de son imagination, donne vie à la banalité des objets de son quotidien. On la croit seule mais sa chambre est remplie de compagnons de jeu invisibles et bavards qui la protègent et lui tiennent compagnie. Elle ouvre et repousse les murs pour faire entrer ses rêves. Ce sont leurs histoires qu’elle nous raconte.

La langue d’Hervé WALBECQ est poétique, musicale, ludique et pleine d’humour. C’est un hymne au texte et à l’imaginaire.

Cette chambre fait penser à une tente improvisée que l’on se construit avec des draps pour se protéger, s’isoler mais dans laquelle, malgré son exiguïté, on part pour de multiples voyages.

Au cours du spectacle, sons, objets, matériaux, sont détournés de leur forme et de leur utilisation première et la chambre rêvée se construit sous nos yeux.

La scénographie onirique et pleine de surprises d’Antoine Milian leur donne corps.

La musique originale et drôle composée par Jean-Serge Beltrando leur donne voix.

Le jeu malicieux et tout en nuances de Fabienne Retailleau donne vie à cette enfant fantasque et nous emporte imperceptiblement d’histoire en histoire…

 

Et nous, comme Hervé Walbecq, savons-nous regarder les choses, même les plus simples…autrement ?    »

 

Catherine Ghobert, Metteuse en Scène