" D'un Corps à l'Autre"

Juliet O'Brien, Metteuse en Scène

Edito de la Metteuse en Scène

 

On ne se connaissait pas Eric et moi, mais quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un dans un pays lointain a fait le lien - et  il se trouve que tous les deux, qui ne nous connaissions pas du tout, avions en commun un proche touché par ce phénomène complexe : l'autisme. 

 

Je n'ai jamais aimé le mot handicap. Dans mon pays on parle de "special needs", de besoins uniques - car en anglais "special" est tout sauf négatif - au contraire, il évoque tout ce qu'il y a de plus important, de plus précieux.

 

Je ne veux en aucun cas créer une polémique autour de comment qualifier telle ou telle condition, mais dans ma mise en scène je veux mettre en avant cette qualité "précieuse".

 

Ces enfants qui épuisent et qui émerveillent , qui usent et qui font rire, qui frustrent mais qui révèlent, qui mettent à rude épreuve la vie des parents pour qui souvent la société reste parfaitement indifférente, mais qui sont pour moi précieux.

    

Petite fille j'ai vécu avec la maladie d'un proche.  Je me souviens à quel point le regard des autres me mettait mal à l'aise. Avec le temps j'ai compris qu'on ne peut pas en vouloir aux autres de ce regard car tout ce qui est différent attire l’œil mais on peut travailler pour que les sociétés  rendent ces regards moins douloureux et apaisent  la vie de ceux qui œuvrent quotidiennement auprès de ces enfants.

 

Ma mise en scène est au service de tous les enfants et leurs familles qui ont tant besoin de nous et de notre considération.